Toespraak minister Van der Hoeven

bij opening NIMAR, 7 juni 2006, Rabat

 

(alleen het gesproken woord geldt)

 

Monsieur le ministre, monsieur l’ambassadeur, monsieur le représentant de l’université Radboud, monsieur le directeur de l’institut, mesdames, messieurs,

 

Soyez les bienvenus dans ce bel institut néerlandais du Maroc, dont j’ai l’honneur de célébrer aujourd’hui l’inauguration à Rabat.

 

Cet institut scelle l’heureuse coopération du Maroc et des Pays-Bas dans le domaine de l’enseignement supérieur. Mais il marque aussi le lancement de plusieurs projets similaires dans le monde méditerranéen musulman. Venant s’ajouter aux instituts d’Italie, de Grèce et d’Égypte, ces nouveaux établissements vont donner un nouvel élan à l’implantation de l’enseignement supérieur néerlandais sur l’ensemble du pourtour méditerranéen. Ils stimuleront aussi la coopération entre les écoles supérieures et les universités néerlandaises et leurs homologues marocaines. 

 

Avec l’ouverture du NIMAR, c’est un vieux souhait cher à tout l’enseignement supérieur néerlandais qui est exaucé. Étudiants et scientifiques souhaitaient pouvoir mener des recherches au Maroc, s’y exercer à la pratique de la langue arabe, y suivre un enseignement dans divers domaines. Les étudiants voulaient en outre pouvoir y suivre des stages, permettant d’acquérir une expérience pratique dans le monde arabe.

Si ces attentes reflètent essentiellement un intérêt éducatif et scientifique, il n’en demeure pas moins que le Maroc et sa riche culture suscitent par eux-mêmes l’intérêt. Car, malgré les malentendus, la culture marocaine n’est pas inconnue aux Pays-Bas. Après tout, nous venons de célébrer les quatre cents ans d’existence de nos liens avec le Maroc, liens qui demeurent excellents.

 

La géographie du Maroc, pays aux visages multiples et hauts en couleurs, en fait une passerelle entre l’Afrique et l’Europe. Dans le monde méditerranéen, le Maroc est voisin de pays de culture musulmane comme de pays occidentaux de culture chrétienne. Et aux Pays-Bas, la culture marocaine trouve peu à peu sa place. L’importance des liens entre nos deux pays ne peut être niée : ils concernent aujourd’hui des domaines aussi divers que la langue, la religion et la culture, mais aussi la politique, le commerce et l’économie.

 

Par l’enseignement et la recherche qu’il propose et met en œuvre, l’institut néerlandais du Maroc renforcera encore les liens existants : les différences de langue, de société, de coutumes et de religion entre nos deux pays seront mieux perçues et mieux comprises. L’institut offre ainsi une excellente possibilité de jeter un pont entre nos cultures. 

 

Ce pont se concrétisera de différentes manières. Tout d'abord par les travaux de recherches menés en ces murs sur les questions sociales. En effet, les grandes différences entre le Maroc et les Pays-Bas se ramènent à des différences de culture et de religion entre les deux pays. Outre leur intérêt scientifique, de tels travaux sont le passage obligé vers une plus grande compréhension de nos cultures respectives. Quel rôle joue par exemple l’islam dans la science ? Et qu’en est-il de la présence des femmes dans le monde scientifique ? Ou encore : sur le plan médical, comment des pathologies spécifiques liées à la migration se développent-elles ? Et quels sont les résultats du Maroc dans certains domaines scientifiques ? Ce sont autant de travaux futurs auxquels le NIMAR ouvrira ses portes, par les liens qu’il établira avec la communauté scientifique marocaine, par le soutien qu’il offrira aux recherches sur le terrain, en s’occupant des autorisations nécessaires et en offrant diverses facilités.

 

Mais l’enseignement, donné au sein de l’institut, contribuera, lui aussi, à jeter un pont entre nos cultures, par le soutien apporté aux étudiants durant leur séjour au Maroc. Étudier à l’institut enrichira bien sûr leurs connaissances. Mais vivre quelques temps ici, y rencontrer des étudiants, voilà une expérience qui enrichira aussi leur compréhension des autres cultures et tout particulièrement de la culture marocaine. En outre, des étudiants marocains talentueux pourront, de leur côté, faire connaissance avec l'enseignement supérieur néerlandais. Dans ce cadre, je vous signale le programme appelé « Huijgens Scholarship » qui sera lancé cette année. Ouvert aux étudiants très talentueux du monde entier, ce programme boursier s’adresse donc également à ceux qui viennent du Maroc.

 

Dès la prochaine rentrée universitaire, le NIMAR proposera aux étudiants en langue arabe de suivre un programme d’étude de trois mois. Un programme de même durée permettra aux étudiants en sciences sociales de découvrir le pays et d’effectuer des recherches sur le terrain ou un stage. Véritable point d’appui, le NIMAR offrira en effet diverses possibilités pour qui voudra suivre un stage au Maroc. L’institut prend donc un bien beau départ, et j’espère que l’avenir lui permettra d’élargir encore sa palette. Avec des programmes destinés aux étudiants des filières médicales, scientifiques ou techniques, et prenant aussi en compte, pourquoi pas, religion et philosophie. 

Le NIMAR pourrait aussi, me semble-t-il, explorer les posibilités d’un rôle culturel plus large : ainsi dans le domaine littéraire, où cet institute pourrait rassembler des oeuvres intéressant à la fois les espaces marocain et néerlandais.

 

En aidant les chercheurs et en offrant aux étudiants une véritable expérience culturelle, le NIMAR contribuera à accroître la connaissance, la compréhension et la coopération entre le Maroc et les Pays-Bas. Avec lui, la recherche et l’enseignement permettront de jeter un pont entre les cultures. Ce pont, je l’espère, sera encore renforcé et élargi grâce à la coopération de l’ensemble des instituts néerlandais présents dans d’autres pays méditerranéens, comme la Turquie, la Syrie ou encore l’Égypte.

Et qu’est-ce qui nous empêcherait d’ouvrir des voies nouvelles ? Que diriez-vous de la création d’une chaire de langue et de littérature néerlandaises au sein d’une grande université marocaine ? Quant à moi, je ne manquerai pas de lancer cette initiative auprès de la Fédération nationale qui défend les intérêts de notre langue nationale [NL Talen Unie]. Cette Fédération, qui réunit des représentants des Pays-Bas, de la Flandre et du Suriname, est chargée de sauvegarder les intérêts de la langue néerlandaise aux quatre coins du monde. Et, mesdames et messieurs, qu’est-ce qui empêcherait le Maroc d’y participer ?

 

Je me réjouis donc particulièrement d’inaugurer le NIMAR, et de donner le coup d'envoi de la création d’autres instituts néerlandais dans le monde méditerranéen. Je tiens à remercier cordialement le gouvernement marocain de la contribution qu’il veut bien apporter afin de faire de cet institut un succès collégial.

 

Merci de votre attention.